« Seuls 1 % des déficients visuels sont équipés de chiens »

Pendant une année, Ophélie Bazin (ISEFAC Alternance promo 2021) accueille Ricky, un jeune labrador qui aspire à devenir chien guide pour malvoyants. Un « rêve », mais aussi une mission à temps plein, qu’elle mène dans le cadre de son alternance à la Direction de la marque et de la communication d’ENGIE.

Comment es-tu devenue famille d’accueil pour chien guide ?
J’ai toujours été très sensible à la question du handicap visuel, car j’ai failli perdre la vue à 7 ans. Cela m’a toujours suivi. En venant à Paris pour faire mes études, j’avais envie de m’engager dans une association. Après avoir réfléchi à plusieurs projets qui ne collaient pas avec mon emploi du temps, j’ai découvert l’École de chiens guide de Paris. C’était comme évidence, l’association qui me correspondait. Je m’y suis inscrite en 2018. Jusque-là, je m’occupais surtout de promener les chiens.
En arrivant chez ENGIE– je suis en alternance comme chargée de communication et de rédaction marque employeur –, j’ai vu que l’entreprise était très engagée sur le handicap et la diversité. J’ai donc commencé à parler du projet de devenir famille d’accueil. Après 5 mois de discussion, y compris au plus haut niveau, l’évaluation de toutes les contraintes (principalement l’allergie au chien et les phobies), j’ai fini par accueillir Ricky en mars. J’ai monté et défendu ce projet de A à Z, et aujourd’hui je m’occupe de le valoriser en interne. Il a aussi fallu l’accord de l’ISEFAC, qui m’a tout de suite soutenue après avoir vérifié si cela pouvait poser un problème avec les autres étudiants.

Avoir un chien, c’est la garantie d’une une autonomie retrouvée, d’une meilleure insertion professionnelle et d’une meilleure sécurité.


Quel est ton rôle avec Ricky ?
Ma mission est d’accueillir bénévolement un chiot d’environ trois mois, pendant un an. On doit lui apprendre les premières bases de son éducation : la propreté et l’obéissance mais aussi la sociabilisation, élément essentiel dans le rôle de famille d’accueil. Son statut lui donne un passe-droit pour aller dans tous les lieux accueillant du public – même si pour le moment c’est un peu limité… Il est aussi présent avec moi entreprise, car je dois le garder en permanence à mes côtés et il doit rester calme pendant 8 heures d’affilée, sans trop demander à jouer ni sortir, dans les mêmes conditions qu’un chien guide.
Chaque mois, nous faisons le point pour suivre son évolution et en parallèle il fait de plus en plus souvent des stages avec des éducateurs spécialisés. Au bout d’un an, il partira en formation intensive avant de devenir guide. C’est très difficile pour eux, car seule une moitié des chiens réussit. Les autres deviennent handi’chiens, renifleurs pour détecter des maladies comme l’épilepsie avant une crise ou sont définitivement adoptés par les familles d’accueil. En France, il y a à peu près 450 chiens qui deviennent guide chaque année, dont la moitié à Paris. Mais c’est très peu, sachant que seulement 1 % des déficients visuels sont équipés de chiens. Avoir un chien, c’est la garantie d’une une autonomie retrouvée, d’une meilleure insertion professionnelle et d’une meilleure sécurité, surtout à Paris, avec tous ses obstacles…

Les premiers pas de Ricky avec Ophélie

Comment se passe la vie avec lui ?
Cela fait deux mois qu’il vit avec nous et vient chez ENGIE. C’est devenu la mascotte du bureau ! Il y a eu un vrai changement après son arrivée. Nous nous étions tous un peu éloignés avec le Covid, mais Ricky a recréé une cohésion dans le service. Tout le monde veut le caresser le matin et prendre de ses nouvelles. C’est très sympa. Sur notre réseau social interne, alors que la moyenne des postes est de 5 likes, ceux qui parlent de Ricky dépassent les 250 !  L’apprentissage prend du temps, comme les trajets qui sont très longs car je dois lui apprendre à bien s’arrêter à tous les passages pétions par exemple pour lui faire prendre conscience des dangers. Mais c’est très sympa : les gens me parlent beaucoup dans les transports.

Ne redoutes-tu pas la future séparation ?
C’est une question de tout le monde me pose ! Toutes les familles d’accueil, qui forment un réseau très soudé, disent que c’est un moment un peu difficile, mais quand on sait ce que va devenir le chien, on est super fiers ! Généralement, les futurs maîtres rappellent les familles d’accueil, mais seulement après un délai de 6 mois pour qu’ils s’habituent à leur nouvelle vie.

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